Lundi 22 octobre
Nous quittons Puerto Calero en fin d’après-midi, avec un nouveau pilote qui fonctionne – pourvu que ça dure – direction Tenerife, à 130 milles.
La nav se passe tranquillement, pas beaucoup de vent mais suffisamment quand même pour avancer.
C’est la première nav de nuit où l’on n’enfile pas la veste de quart ! Il faut dire aussi qu’il fait 30°C depuis deux jours…
Mardi 23 octobre
La navigation se poursuit. Dès le lever du jour, on aperçoit Gran Canaria sur notre gauche, et Tenerife droit devant nous. Ces îles sont tellement montagneuses qu’on les voit de très loin, et c’est à chaque fois trompeur car on a l’impression d’être tout proche de l’arrivée alors que ce n’est pas le cas !Il fait toujours très chaud, et régulièrement on se rafraîchit dans l’eau en se laissant traîner derrière le bateau.
(pêche au gros)
On doit parfois mettre un peu le moteur en marche lorsque le vent devient trop faible.
Nous croisons de nombreux dauphins ce jour-là, et nous apercevons aussi un groupe d’orques (mais ils ne se sont pas trop approchés de nous).
(pointe nord de Tenerife)
Vers 17h, nous arrivons à Santa Cruz de Tenerife, dans la marina del Atlantico, où nous retrouvons Bellegaff et son équipage, qui nous accueille à bord pour dîner. Les tapas ça nous manquait !
Mercredi 24 octobre
Le port est plutôt crado, poussiéreux, moustiqueux, ça pue, et a priori il y a des cafards qui se baladent un peu partout sur les pontons, mais nous on n’en a pas encore vus…
De nombreux bateaux s’arrêtent ici en escale technique, ainsi que pour faire un ravitaillement avant la traversée. On trouve en effet ici de nombreux magasins. Nous profitons de la journée pour commencer quelques réparations et aménagements. Steph va chercher des gros rivets pour réparer définitivement notre hâle-bas, et il remplace une des deux bourriches d’eau qui fuit.
Quant à moi, après avoir fait quelques courses dans la ville (qui est bien agréable et animée, avec de grandes avenues larges et ombragées), je me lance dans les lessives, puis dans la fabrication de moustiquaires (car il nous en manque pour certains hublots et pour l’entrée).
Vu à la vitesse où je couds, j’ose espérer qu’elles seront terminées avant l’année prochaine…
Puis je m’occupe d’aller louer une voiture, car demain c’est tourisme !
(Et y'en a qui croit qu'on s'amuse tous les jours !!!)
Jeudi 25 octobre
Nous récupérons la voiture et nous partons pour la journée dans le parc national du Teide, au centre de l’île. A l’intérieur de ce parc se trouvent de nombreux volcans dont le Teide, point culminant de l’Espagne (3 718m). Le sommet est souvent enneigé malgré la latitude… mais pas en ce moment !
La route que nous empruntons offre des points de vue magnifiques et traverse une immense « couronne » de forêt de pins qui encercle le parc national. Le changement de décor est radical par rapport à ce qu’on a vu aux Canaries jusqu’à présent :
(Vue sur la côte nord)
(Le Teide et sa "couronne" de forêt de pins)
Nous garons la voiture à 2 200m d’altitude. De nombreux sentiers de randonnée sont proposés sur la carte, autour de l’énorme cône volcanique. Après réflexion, nous optons pour le sentier qui monte à la cime du Teide.
La première partie de l’ascension se fait sur un chemin caillouteux et poussiéreux, pas trop pentu, et s’avère plutôt facile jusqu’à la Montaña Blanca (à environ 2 700m).
Une bombe volcanique (mais non, pas moi !! Le gros rocher !) - Steph cherche le chemin.
Pour la deuxième partie, qui mène au Teide, ça se corse ! Ça grimpe beaucoup plus, à travers les énormes coulées de lave et les rochers volcaniques.
(Vue sur la Montana Blanca, et tout au fond Gran Canaria)
À 13h, on s’arrête pour une pause casse-croûte et là, Steph m’annonce la bonne surprise du jour : du pique-nique que j’avais préparé, il n’a pris qu’une boîte de saladette au thon, et a laissé le reste dans la voiture (c’est vrai qu’au départ, on n’était pas parti pour une rando aussi longue). Bon, on fait avec… Heureusement j’avais pris dans mes poches deux barres de céréales…
Et nous reprenons notre ascension. Mais cela devient dur, on sent bien qu’on est en altitude ! Et surtout on ne sait même pas combien de km il nous reste à faire avant le sommet. Au-delà des 3 000 m, on hésite plusieurs fois à faire demi-tour… et puis non, on continue ! Ça serait trop bête de ne pas arriver là-haut maintenant qu’on est là !
(On n'est pas arrivé !)
Enfin, vers 15h, après 3h30 d’ascension, nous parvenons au point d’arrivée du téléphérique, à 3 550 m d’altitude. Malgré le soleil, le vent est glacial ! Nous nous arrêtons donc là, à un peu moins de 200m du sommet (pour lequel il faut demander une autorisation spéciale). Mais déjà, d’ici, on a une vue magnifique. On aperçoit entre autre les îles de Gran Canaria et La Palma qui émergent d’une mer de nuages, et les îles de La Gomera et El Hierro. On ne voit pas Lanzarote ni Fuerteventura, plus éloignées et cachées dans les nuages et la brume.
(mer de nuages autour de Tenerife)
(Ouahou ! C'est haut quand même !)
(La Gomera, et tout au fond Hierro)
(Pat dans la neige... mais non ! C'est du soufre !)
Bon, c’est bien joli tout ça… mais maintenant il va falloir puiser dans le peu d’énergie qui nous reste pour redescendre ! Heureusement, on va plus vite qu’à la montée et au début ça descend tout seul !
Sauf qu’à un tiers du chemin ça commence à tirer sérieusement dans mes jambes et mes genoux ! Il y a longtemps que mes deux malheureuses barres de céréales ont fait leur effet ! Heureusement il nous reste de l’eau… mais plus on avance et plus c’est dur !
Arrivés à la Montaña Blanca (2/3 du chemin), on quitte le sentier pour emprunter un raccourci « hors-piste » qui descend le long du flanc d’un volcan recouvert de pierres. On dévale comme des cabris la pente dans les pierres qui roulent (et qui n’amassent pas mousse…). À chaque pas on s’enfonce dans les pierres jusqu’à mi-mollet et on descend de 2 m ! Du vrai ski !!!
Nous redescendons en voiture par la splendide vallée de la Orotava, qui nous mène sur la côte nord de l’île. La différence climatique entre le nord et le sud de l’île est saisissante : les vents chargés d’humidité sont stoppés par la face nord des montagnes, provoquant ainsi de nombreuses précipitations. Du coup, le vert prédomine sur la côte nord, et cela n’est pas sans nous rappeler l’île de Madère. A Puerto de la Cruz, il y a de beaux jardins verts et fleuris, ainsi que d’immenses bananeraies. Comme quoi on peut aussi trouver de la verdure aux Canaries !
Nous finissons la soirée dans le restau d’un petit village (Sauzal), où l’accueil est fort sympathique et où l’on se gave de plats de viande locaux délicieux !






