Affichage des articles dont le libellé est 05) Madère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 05) Madère. Afficher tous les articles

vendredi 5 octobre 2007

Funchal

Hier, nous avons passé la journée à Funchal.
Un petit aperçu en images du jardin botanique :







Demain midi, nous comptons aller voir le départ de la mini transat.
Puis, si la météo se confirme, nous partirons direction les Canaries...

mercredi 3 octobre 2007

Ile de Madère

Notre escale à Porto Santo a été l’occasion de nombreuses rencontres et de nouvelles connaissances.
Nous avons quitté l’île vendredi 28 septembre en fin de matinée, direction l’Ile de Madère, au sein d’un sympathique convoi de 4 bateaux : Jacques sur son OVNI « Lady Joséphine », les Belges Michel et Eve sur leur Trade wind 35« Cries’n Whispers », Romain et Catherine sur leur first 32 « BelleGaffe », et nous.
Nous avons tous à peu près le même trajet prévu dans les mois à venir.
C’est dans la marina de Quinta de Lorde, à l’extrême sud-est de l’île, près du petit village de Caniçal, que nous nous retrouvons tous quelques heures plus tard, après une navigation dans des conditions bien agréables. Nous ne pouvons aller dans le port de Funchal, capitale de l’île, qui est actuellement réquisitionné pour les bateaux de la mini transat 6,50 Charente-Maritime / Bahia, en escale jusqu’au 6 octobre.
La voiture est indispensable pour visiter l’île (57 km de long sur 22 km de large). Aussi nous décidons de louer 2 voitures. Mais pour cause de forte demande, nous ne pourrons en avoir qu’une seule, et c’est donc à 6 entassés dans une petite Hyundaï que nous parcourons pendant trois jours les routes de l’île : à l’avant Steph le pilote et Romain le copilote, à l’arrière Cath, Eve et Michel, et moi dans le coffre, prête à me cacher sous les sacs en cas de contrôle de police… En voyant cette voiture de l’extérieur, on ne comprend toujours pas comment on a fait pour rentrer à six là-dedans !!!


Madère, comme Porto Santo, est surgie de l’Atlantique lors d’une éruption volcanique.
L’île présente un paysage tourmenté, sauvage, de pics voisinant avec de profonds précipices, couverts d’une végétation luxuriante, et au fond desquels les torrents ont creusé leur voie vers la mer. Sur toutes les pentes, dans les jardins, ou même le long des routes, abondent des plantes à fleurs de toutes sortes : hortensias, géraniums, hibiscus, agapanthes, orchidées,… une véritable île jardin !

Le premier jour (dimanche), nous commençons par longer la côte nord de l’île, parsemée de belvédères qui offrent des panoramas impressionnants sur la côte.




Puis, en allant au centre de l’île, nous faisons une randonnée d’une dizaine de kilomètres à flanc de montagne, le long des levadas. Construites autrefois par les paysans, les levadas sont des canaux qui constituent un gigantesque système d’irrigation, pour amener sur les coteaux et dans les vallées l’eau qui coule en abondance des sources au sommet des montagnes. Il y a près de 1 400 km de levadas sur Madère. Si l’on considère la médiocrité des moyens techniques à l’époque, l’édification des levadas a représenté un effort prodigieux. Certaines levadas surplombent des à-pics vertigineux, et il faut imaginer les hommes qui les réalisèrent, installés dans des paniers d’osier suspendus au-dessus du vide !
Nous ne cessons d’être impressionnés par l’abondance de cette végétation semi-tropicale, et tous ces différents tons de verts partout autour de nous.




(Steph et Romain essaient d'attraper des poissons dans la levada)


(cascade do Risco)


Retour toujours entassés dans la voiture, par des « routes jaunes » sur la carte (traduisez pistes noires en ski), en première debout sur les freins durant toute la descente. Dans la voiture, tout le monde a une grosse faim, on parle de poulet rôti, d’entrecôte grillée, de raclette, de fondue savoyarde,… On s’arrête donc en route dans un restau avec au menu grillades de viande pour tout le monde !

Le lendemain (lundi), c’est reparti ! Perchés à 1 095 m à Eira do Serrado, nous découvrons en contrebas le village très particulier de Curral das Freiras : blotti au fond d’un défilé, ce village offre un paysage impressionnant avec un panorama vertigineux :

Nous poursuivons la journée avec une autre randonnée en remontant une rivière, où nous ramassons des châtaignes, des noix, des mûres et des pommes. Un peu plus tard, nous trouvons aussi des figues, du raisin, des bananes, et des citrons.



En fin de journée nous faisons une halte à Funchal pour aller admirer les mini 6,50 amarrés aux pontons, l’occasion pour Steph de retrouver quelques connaissances. Après avoir vu ces engins de folie qui vont traverser l’Atlantique, on est tous rassurés sur notre sort pour les futures traversées !



La soirée se termine au bateau autour d’une grosse pasta carbonara party.





Troisième jour (mardi) : nous attaquons la journée par une randonnée jusqu’au sommet du Pico Ruivo, point culminant de l’île (1 862 m). Fait pas chaud là-haut ! La vue y est magnifique, mais malheureusement cela ne dure pas et nous finissons dans les nuages avec une petite pluie glaciale.



Nous redescendons bien trempés, direction Porto Moniz, à la pointe nord-ouest de l’île, où le temps est plus clément. Là se trouvent des piscines naturelles, formées par la lave qui s’est déversée dans l’océan. Plongeons et baignade pour tout le monde. Il y a en plus ce jour-là une grosse houle qui vient casser sur les rochers bordant la piscine. Le jeu est alors de s’asseoir sur le bord, d’attendre et de se faire balayer par la puissante vague qui arrive ! Lavage de sinus garanti !


Sur la route du retour, nous nous arrêtons dans un petit supermercado de village, pour acheter de quoi faire des grillades pour le soir. Ce petit magasin nous laissera à tous un souvenir impérissable : à l’entrée, sur un grand écran plat (au Portugal la télé est partout), diffusion d’un film d’horreur bien « gore », avec en bruit de fond les hurlements d’une femme nue se faisant lentement couper la tête, sous l’oeil impassible et imperturbable de cinq petits vieux assis devant l’écran, et la caissière nullement impressionnée devant les images plus que choquantes du film…
Romain et Steph, captivés, scotchent devant l’écran, Cath épouvantée sort s’asseoir sur le trottoir, Eve se dépêche de payer à la caisse, Michel sort l’appareil photo, et moi je suis pliée de rire !
En sortant de la boutique, nous ne regardons plus du même œil les côtelettes de porc que nous venons d’acheter dans ce drôle d’endroit…
De retour à Quinta do Lorde, les garçons confectionnent un barbecue en pierre sur la « plage » (qui n’est pas vraiment une plage car recouverte de gros galets). Nous nous régalons avec les grillades de côtelettes de porc, pommes de terre, oignons, maïs, et pour finir les châtaignes ramassées la veille. Le festin ! Quelques intrus sont attirés par les bonnes odeurs de grillé : des petite souris, et quelques cafards, que Steph et Romain visent avec des pierres…


Nous en avons pris plein les yeux pendant trois jours !

Aujourd’hui c’est repos au bateau et petit tour sur Internet (en faisant du stop avec Cath !) pour mettre le blog à jour.
A bientôt ! Et couvrez-vous bien, l'hiver approche.

samedi 29 septembre 2007

Porto Santo

Voici quelques photos de l´île de Porto Santo, que nous avons visitée en quad !
Les paysages y sont très variès :

Départ pluvieux...
Côte nord trés aride et «pelée»



l'unique plage


un peu de verdure quand même...




et des plantes !


La côte sud-ouest

Porto Santo vu depuis la pointe sud de l'île





Et pour finir, la digue de Porto Santo :



Et suite à notre passage, un dessin de plus :

mercredi 26 septembre 2007

De Portimao aux Iles Madère

Nous avons quitté Portimao samedi 22 à 9h, direction l’archipel des îles Madère.
La traversée s’est bien passée, avec de bonnes conditions météo (vent entre 10 et 20 nœuds, de nord-ouest, puis nord-est en s’éloignant du Portugal). Steph vous donnera plus de détails sur la traversée un peu plus bas !


(Notre route sur MaxSea)

La première nuit, nous avons été contraints d’affaler la GV pour cause de hâle-bas cassé. Steph nous a fait une réparation de fortune dès le lever du jour, et nous avons pu continuer avec la GV, en gardant un ris.

Quelques milles après le départ du Portugal, on a mis une ligne de pêche à traîner derrière le bateau, et dix minutes après un beau poisson a mordu !!! Sauf que cet imbécile faisait des cabrioles à la surface, au bout de l’hameçon, et il a fini par se décrocher avant qu’on ait pu le ramener jusqu’au bateau !!! Vu la couleur, on pense que c’était un petit thon, mais je sais bien que certains ne voudront pas nous croire, alors je ne vais pas m’étendre là-dessus !!!
Sur le coup, on s’est dit qu’on allait sûrement en attraper d’autres… et bien non, ce fut le seul qu’on ait vu de toute la traversée !

La deuxième nuit, pendant mon quart, il m’est arrivé quelque chose d’assez peu banal. Alors que j’étais tranquillement en train de barrer le nez vers les étoiles, je me suis soudainement pris une chose mouillée et gluante en plein milieu de la figure, SCHPLAF !… J’ai tout d’abord accueilli cet intrus avec un cri de frayeur. Puis la « chose » est retombée au fond du bateau en se tortillant bizarrement… Comme il faisait nuit je n’arrivais pas à distinguer ce que c’était. J’ai d’abord pensé à un poisson volant, mais je voyais bien que le contour de cette bestiole bizarre et la façon dont ça gigotait n’avaient rien d’un poisson … alors je l’ai éclairé avec la torche, et j’ai d’abord vu deux gros yeux brillants, puis des tentacules… beurk !!! Voilà donc ce qui m’avait sauté sur le nez en plein milieu de la nuit : un calamar !!!
Cela a beaucoup fait rire Steph à son réveil. Le plus drôle, c’est que le lendemain on s’est aperçu qu’il y en avait un autre « échoué » sur le pont du bateau (mais celui-là il m’a raté !). Sales bêtes !!

(Le vilain calamar mangeur de Pat)

Lundi 24 vers 17h, nous avons commencé à apercevoir les pics de l’île de Porto Santo, l’une des deux îles habitées de l’archipel, située au nord-est de l’île Madère.
L’arrivée de nuit par la pointe nord-est de l’île fut surprenante : ces grands pics sombres et escarpés surgissant de l’eau, éclairés par la lune, constituaient un spectacle assez inhabituel et avaient quelque chose d’un peu lugubre et effrayant !
Nous avons encore une fois été escortés par les dauphins sur la fin de notre voyage, et c’est à 23h que nous nous sommes amarrés dans la marina de Porto Santo, après 456 milles et 62h de navigation, (soit 7,3 nds de moyenne), bien fatigués mais heureux d’avoir réussi cette première « vraie » traversée !

Le mardi 25 au matin, après un accueil chaleureux du responsable de la marina, c’est le passage obligé aux services de la douane. Connaissez-vous ce petit animal qu’on appelle le paresseux, qui se déplace à la vitesse d’un escargot, en faisant des geste si lents qu’on a envie de s’endormir en le regardant ? Et bien Rodrigo, le douanier à qui on a eu affaire, faisait fortement penser à cet animal…
Les formalités effectuées, nous avons commencé à explorer les alentours, tout d’abord en longeant la longue plage de l’île et son eau bleu turquoise (la seule véritable plage de tout l’archipel), jusqu’au petit village de Vila Baleira.
Nous sentons un réel changement de climat depuis notre arrivée à Porto Santo. Le vent est chaud, le soleil tape fort, et on sent bien que les Tropiques se rapprochent !
Nous profitons de notre promenade au village pour acheter un légume local, qui ressemble à une énorme poire et dont le goût rappelle un peu celui de la pomme de terre, mais en plus sucré. C’est délicieux, et on va en faire une petite réserve pour les prochaines traversées !
(D’ailleurs, Steph veut se lancer dans l’importation de ce produit dès notre retour en France !)Et puis ce soir, nous avons sorti la bouteille de champagne pour fêter dignement notre première traversée.



Nous comptons rester plusieurs jours sur cette petite île paisible, qui respire le calme et la tranquillité.
A noter aussi : la longue digue de la marina est recouverte des noms et des dessins des nombreux bateaux qui sont passés par là au cours de ces dernières années. Il y en a des milliers, et certains sont de véritables œuvres d’art. Je m’apprête à faire de même dans les prochains jours, afin de laisser nous aussi une trace de notre passage avec le Thorsson.

Je laisse maintenant la parole à Steph :


Salut à tous et pour ce premier mot je voudrais tous vous remercier pour ces commentaires sur le blog de la Pat. Cela fait particulièrement plaisir d’avoir de vos nouvelles et vos blagues dans des lieux insolites.
Cette première traversée est une révélation, la mer est un lieu d’expérience et l’apprentissage y est particulièrement rude. Faire le malin à pousser le bateau dans ses retranchements le long d’une côte que l’on connaît bien, avec toutes les infos météo à jour et tous les effets de côte bien clairs, est une chose dans laquelle on est à son aise. Mais là, au milieu de zones inconnues avec une météo sans recul et pour plusieurs jours (ils se trompent dès le premier alors après 2 …) on est souvent très concentré. Il en résulte rapidement une fatigue inhabituelle, qui engendre forcément des décisions différentes de d’habitude :
- dès le départ on nous annonçait mer agitée (1 à 2,5 mètres) et vent de 10nds. On avait en faite 20 à 25 nds et mer forte (2,5 à 4 m). Habituellement on aurait hurlé notre bonheur dans des surfs à 13 ou 14 nds. Et bien là, l’ inquiétude a pris le pas sur le plaisir : qu’est ce qu’on va prendre, quand dans 12 h au milieu de la nuit la météo nous prévoit 20 à 25 nds avec une mer forte !!!
Alors on cherche un signe dans les trains de vagues, qui annoncerait un changement et toutes les 10 minutes on passe d’un moment de quiétude (c’est bon ça se calme) à l’inquiétude (c’est de plus en plus gros), au rythme des trains de houle fort inégaux. Et puis 12h après on constate que le plus dur est derrière et que l’on aurait pu s’en douter en interprétant les cartes avec lucidité. La décision avait été de réduire très tôt et de ne pas renvoyer trop vite de la toile. Le résultat : pas de gros surf et beaucoup de roulis, donc moins de plaisir et plus de fatigue, équation qui s’avèrera difficile à résoudre pendant 60 heures !!!
- la météo nous annonçait une dépression sur Madère (horreur) mais pour 3 jours après notre date d’arrivé prévue (ouf), mais dès le deuxième jours des nuages d’altitude qui correspondent à l’arrivée d’une dep étaient bien visibles dans le ciel. Grande inquiétude, à nouveau à l’affût de signes !!! qui viendront avec la météo de RFI sur la BLU : entre 2 bruits immondes, une petite voix fluette vous résume la météo d’une zone grande comme la France en 6 mots : 4 à 6 nord-est orages. Et là, délivrance : ce ne sont que de gros orages avec des éclairs et non pas une dep. En fait nous n’aurons que du beau temps !!!
On apprend lentement à vivre au rythme du large, la mer y est toujours agitée, le bateau bouge beaucoup et mes premières pensées dans ces moments furent une grande admiration pour tous ces marins qui affrontent en solo des mers bien plus dures. Chapeau bas !!!
Le bateau s’est bien comporté et à condition de réduire, Pépère le pilote auto barre bien. Il lui manque que 2 yeux, ou au moins un pour voir la vague qui toutes les 15 minutes nous envoie par 30 degrés de gîte brutalement !
Sinon les pièces qui tiennent la bôme et le hâle-bas sur le mât ont cassé : une dans le Golfe, et l’autre dans la nuit sur une erreur de Pépère (encore lui).
Biquette , l’éolienne, est très efficace : dans 20 nds on est obligé de tout allumer dans le bateau, et oui on n’a pas trouvé de rallonge assez grande pour revendre le surplus à EDF.
Tous les matins, après avoir dormi pendant que Pat barrait, j’interroge Sarko du bord (MaxSea) qui enregistre la route du bateau et forcément toutes les erreurs de la Pat qui somnole au lieu de veiller au grain !!!
Dans le domaine des records la Pat reste imbattable : elle a fait 17,7 nds avant le cap finistere et encore 14,5 sur cette traversée, avec un bateau largement sous toilé.
A la fin on cherchait encore entre s’économiser et passer une nuit de plus en mer, ou bien mettre le spi et arriver en début de nuit. La confiance revenant et malgré la fatigue, le spi fut déployé et un après-midi de longs surfs s’en suivit, avec en point de repère un concurrent de la mini-transat qui a croisé notre route juste à l’arrivée.
La journée sur l’île rend la traversée beaucoup plus belle, le panorama et le climat sont enivrants.
Grosse bise à tous et à bientôt. Steph.